Prise de poids et médicaments

De nombreux médicaments sont responsables d’une prise de poids conduisant souvent à l’arrêt du  traitement contre l’avis du médecin. Parmi les médicaments en cause, on retrouve les antidépresseurs, les psychotropes, la cortisone mais aussi la pilule et le traitement hormonal de la ménopause.

Tous ces médicaments ne font pas prendre du poids pour les mêmes raisons. Certains agissent sur l'apétit ou la soif, d'autres sur la tolérance aux glucides, d'autres encore provoquent de la rétention d'eau.

En comprenant le mécanisme de cette prise de poids il devient possible d’agir pour prévenir ou corriger la prise de poids sous médicaments

Quelques stratégies efficaces pour éviter la prise de poids

  1. Eviter les aliments gras et sucrés, augmenter la consommation de protéines et d’aliments riches en fibres, sélectionner les aliments à faible index glycémique.
  2. Pratiquer un programme d’activité physique combinant :
    • une activité contre résistance pour éviter la fonte musculaire et augmenter sur le métabolisme de base
    • un programme d’endurance pour augmenter la dépense énergétique et combattre l’insulino-résistance
  3. Prendre des compléments alimentaires pour lutter contre les pulsions alimentaires et la rétention d’eau, favoriser la détoxication hépatique.

Les antidiabétiques

L’insuline est une hormone anabolisante. Elle favorise à la fois l’augmentation de la masse grasse de la masse musculaire et la rétention d’eau. Les sulfamides hypoglycémiants entrainent une prise de poids en augmentant la fabrication d’insuline mais également en favorisant la prise alimentaire lors des hypoglycémies. Les glitazones qui favorisent l’efficacité de l’insuline ont également le même effet.

Les antihypertenseurs

La clonidine et le propanolol diminuent le métabolisme de base. Le proanolol diminue en plus la dépense calorique au froid, au stress et à l’exercice. Les inhibiteurs calciques sont responsables de rétention d’eau.

Les antihistaminiques

La cyproheptadine (Périactine) augmente l’apétit par un effet anti-sérotonine. Cet effet est beaucoup moindre avec les nouveaux anti-histaminiques mais peut cependant est retrouvé si la prise est prolongée.

La cortisone et les corticoïdes

Les corticoïdes favorisent l’appétit, la rétention d'eau et la répartition de la graisse sur le haut du corps : épaules, cou, bosse de bison.
A long terme, la cortisone provoque une fonte musculaire et une baisse du métabolisme de base qui persiste après l’arrêt du traitement.

La pilule et le traitement hormonal de la ménopause

La prise d’œstroprogestatifs (contraception ou THS) par voie orale, par patch ou par voie vaginale peut provoquer une prise de poids en augmentant l’appétit et en favorisant la rétention d’eau. Cette prise de poids est le plus souvent modérée. Si la prise de poids est supérieure à 2 kilos, cela signifie que le traitement n'est pas adapté et il faut consulter son gynécologue.
Le traitement hormonal de la ménopause, quand il est bien adapté et bien toléré, permet de retarder la transformation de la silhouette, la fonte musculaire et le stockage de graisse au niveau de la taille.

La pilule peut entrainer une prise de poids par deux mécanismes :

  1. La progestérone peut augmenter l'appétit, c'est le même phénomène qui se produit pendant la grossesse. Il faut équilibrer son alimentation et augmenter la consommation de protéines et de légumes plutôt que de petits gateaux ou de charcuterie.
  2. Les oestrogènes et la progestérone peuvent favoriser la rétention d'eau. Dans ce cas la prise de poids sous pilule se fait en début de traitement et dépasse rarement 1 à 2 kilos. Malheureusement cette prise de poids se fait sous forme de cellulite au niveau de la culotte de cheval ou à l'intérieur des cuisses.

Si la prise de poids est supérieure à 2 kilos, cela signifie que la pilule n'est pas adaptée et il faut consulter son gynécologue.Malheureusement certaines femmes ont du mal à métaboliser les oestrogènes et toutes les pilules provoquent chez elles une prise de poids.Le gynécologue va leur proposer un mode de contraception non hormonal.

La micronutrition peut apporter une aide intéressante : certains compléments alimentaires permettent d'améliorer le travail d'élimination des oetrogènes par le foie, sans nuire à l'efficacité de la pilule.Une méthode intéressante pour gérer la prise de poids sous pilule.

Les antidépresseurs

La prise de poids sous antidépresseurs n'est pas une fatalité. Si certains médicaments anciens sont responsables de prise de poids, la majorité des nouveaux médicaments n'entraîne pas de prise de poids et peut même diminuer l'appétit.

Les effets de quelques antidépresseurs :

  • Les IMAO (Marsilid, Moclamine) et les antidépresseurs tricycliques (Anafranil, Tofranil, Elavil) stimulent l’appétit et la soif.
  • Les tricycliques favorisent également la prise de poids en diminuant le métabolisme de base ou dépense énergétique de repos.

Les antipsychotiques

Les antipsychotiques entrainent en moyenne une prise de poids de 6 à 8 kg la première année de traitement. Ils stimulent l’appétit et la soif et sont responsables d’une intolérance aux glucides par insulinorésistance. Cette prise de poids est réversible à l’arrêt du traitement.

Les thymorégulateurs

  • Le lithium est responsable d’une prise de poids d’une dizaine de kilos sur 6 à 10 ans. Non seulement il stimule l’appétit et la soif, (principalement pour les produits gras et sucrés) mais il perturbe les sécrétions de cortisone et d’hormones thyroïdiennes et provoque une baisse du métabolisme de base.
  • L’acide valproïque (Dépakine) entraine lui aussi une baisse du métabolisme de base et une prise de poids importante chez la moitié des patients.

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