Doit-on continuer à indemniser les maladies liées au mode de vie ?

Doit-on continuer à indemniser les maladies liées au mode de vie ?

Pour faire face au trou de la Sécu qui ne cesse de se creuser, faut-il envisager de prendre des mesures radicales et d'exclure du remboursement les maladies lies au mode de vie : diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, bronchite chronique, cirrhose, certains cancers…

Quelques chiffres

On estime qu’il y a 32 millions de diabétiques en Europe. Les coûts directement imputables au diabète s’élèvent à plus de 43 milliards en Allemagne, à plus de 20 milliards au Royaume-Uni et à un peu moins de 13 milliards en France.

En France, sur 146 milliards d'euros dépensés par l'Assurance-maladie en 2011, les maladies et les facteurs de risques cardiovasculaires (diabète, cholestérol, tension) représentent plus de 30 milliards d'euros.

40 % des assurés sont porteurs d'une pathologie chronique et génèrent 90% des dépenses.

Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes

Nemo auditur propriam turpitudinem allegans  est un adage romain toujours utilisé en droit français.

Il signifie qu'on ne peut demander réparation d'un préjudice que l'on a soi-même causé en commettant volontairement une action interdite.

Que se passerait-il si cet adage était appliqué par l'assurance maladie ? Continuerait-elle à prendre en charge les problèmes de santé directement liés au mode de vie ? Ou déciderait-elle d'exclure toutes les maladies et accidents évitables ?

En effet, la sécurité sociale est bien l'assurance chargée d'indemniser les "préjudices" de santé (les  maladies) et les maladies de mode de vie (ainsi que  certains accidents) sont bien causées par une attitude individuelle volontairement contraire aux recommandations ou aux lois.

Politiquement incorrect

En 2005, la revue médicale AIM (Actualités Innovations Médecine) a publié sur le sujet un éditorial humoristique et anonyme que je ne résiste pas au plaisir de retranscrire "in extenso". (Cette revue ayant cessé d'exister en 2007, je pense que son éditeur ne m'en tiendra pas rigueur…)


Editorial

Politiquement incorrect

Le gouvernement vient donc de décider d'exclure de l'ensemble des remboursements de soins (pharmaceutiques et hospitaliers) les personnes dont le tour de taille est supérieur à 102 cm pour les hommes et 88 cm pour les femmes, sauf si cette circonférence a baissé de 10% au moins depuis la dernière visite de contrôle. Cette décision est passée inaperçue tant il est vrai que, depuis maintenant une quinzaine d'années, nos compatriotes sont habitués... à se serrer la ceinture. C'est surtout une nouvelle culture de la responsabilité individuelle qui s'est instaurée dans notre société, après un ou deux siècles de revendication d'irresponsabilité collective. Il a fallu pour cela, bien sûr, que les grandes faillites des systèmes de sécurité sociale européens et américains au début des années 2000 servent de révélateur.

Que de chemin parcouru ! Rappelez-vous : ce fut d'abord, il y a 10 ans, la réduction, puis la suppression de la prise en charge des récidives d'infarctus pour les fumeurs invétérés (ce qui avait le plus choqué, à l'époque, avait été la mise en place du contrôle de la nicotinémie à l'admission). Puis, la mesure était étendue aux personnes dont le surpoids n'avait pas baissé depuis l'infarctus ou la revascularisation précédente. L'année suivante, ce fut 1'ensemble des facteurs de risque modifiables qui devenaient autant de critères d'exclusion, entraînant, on s'en souvient, un boom dans les ventes de vélos et la fermeture de 120 Mc Donalds ; enfin, peu à peu, ces mesures de responsabilisation s'étendaient à la plupart des "pathologies qui auraient pu être évitées", des angines aux MST ou au mélanome. Mesures qui, par leur rétroactivité, devaient nous permettre d'échapper au gouffre financier qu'auraient pu représenter les maladies d'Alzheimer des anciens baby-boomers... Ouf I

Seules, aujourd'hui, sont donc prises en charge par la société (solidarité oblige !) les maladies rares imprévisibles, les maladies génétiques, les maladies liées à l'environnement, bref toute pathologie reconnue inévitable à l'échelon individuel. Tout cela s'est accompagné, bien sûr, d'une montée en puissance des assurances privées sur internet et de la création du Fond de Solidarité Pour les Plus Démunis.

Ces mesures ont permis, on le sait, une amélioration spectaculaire de l'état de santé de nos concitoyens et un redressement tout aussi spectaculaire des finances de notre système de santé, désormais largement excédentaire. La question de l'utilisation de ces excédents se pose de nouveau actuellement à l'occasion de l'examen du PLUFSS (Projet de loi pour l'utilisation des fonds de la Sécurité Sociale). Voilà longtemps que les budgets des campagnes d'information, de sensibilisation à la prévention ont été largement réduits puisqu'il s'était rapidement avéré que la meilleure éducation était le déremboursement ! Quant au Fond de Solidarité, il est, depuis quelque temps déjà, lui aussi excédentaire et a dû internationaliser son activité.

Alors, que faire ? Baisser encore d'avantage les cotisations sociales se heurterait à l'ire de nos partenaires chinois et asiatiques toujours prêts à nous reprocher de faire du "dumping social". Il est vrai qu'avec une croissance de 8 % par an nos entreprises n'ont pas vraiment besoin de cela.

Il restera donc, une fois de plus, à distribuer les dividendes de la Sécurité Sociale à ses actionnaires, c'est-à-dire aux médecins. Ce ne sont pas nos lecteurs qui s'en plaindront !

J.-P. H.

Paris, novembre 202?


Faut-il attendre de telles mesures pour se décider à agir ?

N'oublions pas que les maladies du mode de vie ne sont pas des fatalités. Comme leur nom l'indique elles sont directement liées à notre mode de vie…. Elles pourraient disparaitre si, une fois pour toutes, nous décidions de changer, d'adopter une alimentation plus saine et d'être plus actifs.

Cela vous semble difficile de vous priver de votre croissant, de votre fast-food, de vos boissons sucrées ou de votre verre de vin ? Cela vous semble trop contraignant de faire régulièrement de l'activité physique ?

Je vous invite à examiner les désagréments et les contraintes que vous impose votre mode de vie actuel.

Trouvez-vous agréable de trainer vos kilos excédentaires, de vous lever fatigué,  d'être vaseux après les repas, de ne pas pouvoir monter les escaliers ou attraper le bus sans être essoufflé, d'avoir le teint terne, de ne plus rentrer dans vos vêtements de l'an passé ?

N'est-ce pas contraignant de prendre des médicaments tous les jours et de devoir vous soumettre à des examens médicaux réguliers ?

Maintenant imaginez que vous avez conservé le poids et la silhouette de vos 20 ans et que vous êtes capable de courir 5, 10, 20 km, voire de participer à un marathon ? Quelle situation est la plus enviable ?

Alors, si vous ne le faites pas pour sauver la Sécu, faites-le pour vous !

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